Trends
Tendances N° 5 du 31 janvier 2002
PNL Humaniste : La réussite au bout de
l'imagination
Le scénario est connu. dans
un service, une partie du personnel est apellé a suivre une
formation. Curieusement, on constate que certains cancidats, tout
à fait volontaires et de bon niveau, éprouvent de
grosses difficultés. Pour ceux-ci, les scéances tournent
à l'épreuve et débouchent sur peu de résultats,
voir achoppent sur un échec. Pour la PNL (Programmation Neuro-Linguistique(1)
Humaniste, cette situation, fréquente, est causée
par les "croyances limitantes", profondément ancrées
en nous et qui nous poussent à douter à ce point de
nous-mêmes que nous développons à notre insu
des comportements menant à l'échec. Comme si nous
voulions nous prouver que nous avions raison de croire que nous
étions incapables de mener à bien ce que nous avions
entrepris. C'est le cas classique du vendeur stagiaire qui se dit
qu'il ne va pas y arriver et qui, en effet, sera tellement centré
sur sa peur qu'il ne fera pas attention aux désirs du client.
Il ratera la conclusion de l'affaire et ce sera la preuve, à
ses yeux, qu'il n'est pas fait pour vendre.
Ce raisonnement pervers, les consultants belges, Alain Losier et
Marie-Luce Dossche, le rencontrent souvent dans leurs séminaires
consacrés aux stratégies de changement. Alain Losier
a été pendant plusieurs années animateur en
PNL. Un jour, il se rend compte que certaines personnes arrivent
au changement plus rapidement que d'autres. En examinant de plus
près , il constate qu'il s'agit d'individus développant
naturellement un suivi des formations (un auto-coaching, en quelque
sorte) au cours duquel elles mettent rapidement en application ce
qu'elles ont appris. Or, la plupart des participants à une
formation de gestion personnelle ont tendance à reporter
cette mise en pratique à une "bonne occasion".
Et la reportent parfois indéfiniment.
Alain Losier va alors concocter sa mixture personnelle. A la PNL
"traditionnelle", il va ajouter les enseignements de Jacques
Salomé, thérapeute axé sur le travail relationnel.
"Tout son message est basé sur le respect de soi et
de l'autre et sur le positionnement dans une relation, explique-t-il.
Ses techniques consistent à cesser de fuir et de prendre
le risque de dire oui ou non tout en maintenant ce
respect". Il y joindra ensuite la dynamique d'Anthony Robbins,
un américain, expert en psychologie de la motivation et de
l'accomplissement, qui a lui-même, développé
au sein de la PNL le "Conditionnement Neuro Associatif"
: "Cela provoque un changement plus rapide, ajoute Alain Losier.
Pour faire bref, disons que l'être humain préfère
s'éloigner de la douleur et s'approcher du plaisir. Dans
les formations, nous utilisons ces techniques de visualisations
des gratifications ou des désavantages d'une situation afin
d'éviter que le participant attende d'atteindre le fond pour
prendre conscience et réagir".
Se focaliser sur le positif
L'idée globale de la méthode des deux consultants,
comme la plupart des méthodes "d'encouragement"
utilisées aujourd'hui, est de se focaliser sur ce qui marche
plutôt que sur les échecs. Elle consiste à plonger
dans le passé d'une personne afin d'en extraire des ressources
positives et de lui faire imaginer tous les avantages (tant professionnels
que familiaux d'ailleurs) que pourra lui offrir le changement afin
de favoriser celui-ci au présent et de l'appliquer au problème
rencontré. Ainsi, ce cadre qui avait des difficultés
sérieuses de communication dans son entreprise et doutait
de sa capacité à améliorer les choses. En effectuant
un retour en arrière, il s'est rappelé qu'il était
pourtant excellent dans sa jeunesse pour motiver son équipe
de basket. Le travail a alors consisté à retrouver
les éléments qui lui fournissaient l'énergie
et le plaisir de communiquer.Il s'agit de "démonter"
la stratégie développée par les gens et menant
au blocage afin qu'ils comprennent comment mettre en place des comportements
de réussite. Pascal, un commerçant en fruits et légumes,
était systématiquement de mauvaise humeur le matin
et donc incapable d'accueilir ses clients en début de journée.
| "Reprogrammer"
nos images mentales en analysant les relations entre notre langage
et notre pensée ... |
La
technique a consisté à lui faire repérer un
moment ou il se sentait vraiment détendu. Les soir, s'est-il
dit, parès le travail mais en réalité c'est
la musique classique qu'il écoutait à ce moment là
qui agissait. Depuis, la musique s'est imposée au magasin.
Pascal est plus détendu. Et les clients aussi.
Des résultats souvent rapides
Paradoxalement, on peut parfois trouver un avantage (la PNL Humaniste
appelle cela un "bénéfice secondaire") à
se mettre en suituation d'échec. Le plus évident est
celui de pouvoir rester calme et de fuir tout effort supplémentaire.
Ce nest cependant pas toujours aussi simple et le formateur va devoir
mettre en lumière pourquoi il est aussi important pour une
personne donnée de "rater" une formation, une promotion
ou un contrat. La question désarçonne souvent les
participants. Et puis, ils prennent conscience que leur soi-disant
incapacité à apprendre les langues leur a servi inconsciemment
à éviter une mutation possible dans un autre service.
Ou comme ce comptable, que le fiasco de ses diverses tentatives
d'élargir sa clientèle était dû à
sa peur de rompre l'a-équilibre entre sa vie professonnielle
et familiale auquel il tenait par-dessus tout, sans se l'avouer.
| Changez
en 9 étapes |
1.
Identifier l'objectif
On ne veut
plus de la situation actuelle, mais que veut-on à la
place ? |
2.
Formuler positivement l'Objectif
Exprimer ce que l'on veut et non pas ce que l'on veut pas (ou
plus) |
3.
Symboliser cet objectif par un objet dont on s'occupera
Une étape
facultative qui peut aider à concrétiser la volonté
de changement. |
4.
Déterminer la finalité de l'objectif.
On veut accroître ses primes ou engager du personnel,
mais à quoi cela doit-il servir exactement ? |
5.
Choisir un objectif adapté
Celui-ci ne doit dépendre que de vous et non d'une décision
d'un chef ou d'un changement de politique dans l'entreprise |
6.
Evaluer la faisabilité
Une étape destinée avant tout à découper
correctement le chemin à parcourir pour éviter
les rêves camouflés en projets. |
7.
Identifier ce qui sera perdu une fois l'objectif atteint
La situation actuelle, même si elle fait l'objet de plaintes,
comporte sans doute des bénéfices secondaires
qui disparaîtrons (ambiance, du service, habitudes, ...).
Le jeu en vaut-il la chandelle ? |
8.
Estimer l'impact de cet objectif sur votre environnement
Est-il vraiment compatible avec vous-même et votre entourage
? Au besoin, un manque devra être compensé par
autre chose. On peut être moins présent à
la maison mais y être mieux présent. |
9.
Projeter la réussite future et la visualiser
Choisir le moment exact ou vous pourrez considérer que
l'objectif est atteint (un contrat signé, une inauguration,
un chiffre atteint, ...). Imaginez vos réactions à
la fois visuelles, auditives, olfactives, comportementales et
gustatives à ce moment-là. Cette technique relève
purement de la PNL qui soutient que le cerveau ne fais pas la
différence entre le réel et l'imaginaire. Elle
use donc souvent de visualisation d'une situation dans le futur
pour asseoir la motivation de réussite dans le présent. |
L'intervention
des formateurs consiste à repérer avec la personne
ce qui la rassurait dans la situation d'origine pour découvrir
avec elle comment transposer cela dans son nouveau monde. Les scéances,
nécessairement en groupe, débouchent souvent sur des
résultats rapides car les changements, décidés
par le participant et annoncés puibliquement, sont évalués
par le formateur, ce qui motive chacun à agir. A moins de
perdre la face, cette fois, tout à fait consciemment.
Carine Vassart |
| Vacature
références : "Le Vif L'express -Trends Tendances"
du 14-15/2/2002 Sandra Evrard
Peut-on faire confiance à son intuition
?
"Sa tête ne me reviens pas!" Qui n'a jamais eu la
sensation que la personne en face de soi n'était pas honnête,
cherchait à nous influencer ou n'était pas digne de
confiance? Cette sensation porte un nom, il s'agit de l'intuition,
à laquelle nous sommes plus ou moins sensibles. Mais si nous
écoutons parfois cette petite voix intérieure dans
nos relations interpersonnelles, quel rôle joue-t-elle dans
le cadre de notre vie professionnelle? Et sutrout, peut-on s'y fier?
"Il ya quelques années, lors d'un entretien d'embauche
avec le directeur d'une PMI qui offrait un poste de commercial,
j'ai senti que cette personne ne m'inspirait pas confiance, il me
donnait l'impression d'être un peu roublard. Mais bon, je
me suis dit que cela faisait précisément partie de
sa personnalité de commercial et j'avais besoin d'un emploi.
Très rapidement cela s'est mal passé: le directeur
et sa femme - qui travaillait également dans l'entreprise
- étaient agressif et un peu paranoïaque dans leurs
relations avec leurs employés, ce qui créait une ambiance
détestable. Au bout de quelques mois tout le monde a été
licencié et nous avons appris qu'ils avaient en réalité
déposé le bilan depuis plusieurs années et
qu'ils ne payaient même pas nos cotisations sociales. Ils
nous faisaient travailler en toute illégalité! J'ai
compris que mon intuition avait été bonne, ces personnes
n'étaient pas sérieuses. A présent, j'écoute
d'avantage mes sensations lorsque je rencontre des gens dans le
cadre de mon travail", raconte Isabelle, 30 ans, aujourd'hui
employée dans le domaine de la communication.
Facteur humain
Jacques, 51 ans, manager dans un grand groupe. a quand à
lui fait plusieurs fois appel à son intuition dans le cadre
du recrutement de personnel qualifié. "Il existe deux
dimensions dans les décisions prises en entreprise. La première
est liée à la rentabilité et la seconde au
facteur humain, dont l'intuition fait partie. Il m'est arrivé,
lors de l'engagement d'un nouveau candidat à un poste de
chef de chantier, de choisir une personne qui n'avait pas satisfait
aux tests classiques de recrutement que nous organisons, mais qui
m'avait semblé être beaucoup plus compétent
que ce que les tests reflétaient. Je l'ai engagé et
il a donné d'excellents résultats au poste qui lui
était désigné.
Sans C.V.
Même chose pour Viviane, 58 ans, qui a engagé son gérant
de magasin de sports en faisant confiance à son intuition.
Huit ans après, il est toujours là et donne entière
satisfaction. "Quand j'engage quelqu'un, je ne lui demande
même pas son CV, je lui parle beaucoup et je sens assez vite
si la personne me plait ou non. L'intuition, c'est se laisser envahir
par ses sensations, mais elle aussi basée sur notre expérience,
tout comme on le sait d'instinct si une pomme est farineuse ou non
lorsqu'on la voit."
Petite voix intérieure
Qu'est-ce que l'intuition? La définition stricte du dictionnaire
nous apprend qu'il s'agit "de la perception immédiate
de la vérité sans l'aide du raisonnement", comme
si une petite voix intérieure nous soufflait cette évidence.
Selon la thérapeute Marie-Luce Dossche, l'intuition serait
comme un sixième sens qui s'exprime d'ailleurs plus facilement
lorsque les autres sont en éveil. Il s'agirait donc d'une
question sensorielle, de réceptivité. "On a remarqué
que les personnes qui utilisent énormément leur intuition
et leur ressenti, faisaient appel à un moment donné
à tous leurs sens. Chacun d'entre nous développe plus
ou moins certains sens: on est plus visuel, auditif, kinesthésique
(atentif au ressenti) etc. Mozart, par exemple, lorsqu'il créait
sa musique, la voyait, l'écoutait et la ressentait, il arrivait
à ouvrir tous ses sens à sa création, explique-t-elle.
Inégaux face à l'intuition
Mais nous ne serions pas tous égaux devant l'intuition, certains
y faisant d'avantage appel ou l'ayant plus développée
que d'autres. En cause, notre éducation et le bagage transgénérationnel
qui nous a été transmis, l'environnement dans lequel
nous évoluons, notre milieu culturel, en plus du désir
d'aller ou non dans cette voie. Les artistes ou les enfants, l'auraient
plus naturellement. De même que les femmes... "Je crois
que les femmes sont en général plus intuitives que
les hommes car elles sont en général plus reliées
à leur centre émotionnel et plus fines dans ce domaine.
Une femme s'ouvre plus facilement à cela, même si elle
est cartésienne. Un homme voudra plus tout découper
pour comprendre. On trouve plus d'homme intuitifs dans les professions
comme celles d'écrivain ou de créateur, qui ont développé
une certaine sensibilité et qui ont d'ailleurs parfois des
difficultés à côtoyer des hommes "hommes",
estime Alain Losier, psychothérapeute et formateur en communication.
Mais selon lui, cette faculté pourrait néanmoins s'épanouir
dans chacun d'entre nous, même si la société
rationnelle dans laquelle nous vivons l'a étouffée.
Pour cela, une condition par contre est requise, il faut y croire!
Alain Losier propose de travailler sur les différents presonnages
qui sont en nous. "Il s'agit de la stratégie de Disney
fort employée aux Etats-Unis qui consiste, lorsque vous êtes
devant un problème, de laisser place aux différentes
parties qui sont en vous. Il faut commencer par se mettre dans un
environnement propice à l'état de rêveur, en
partant de quelque chose de concret que je souhaite, mais qui n'est
pas encore matérialisé. Une fois que le rêveur
a terminé son rêve, le réaliste va prendre sa
place. Je vais laisser s'exprimer une autre partie de moi et je
vais jouer le réaliste en me positionnant dans un autre espace.
Je vais donc réaliser ce rêve avec ce qui est réalisable.
Enuite on passe au critique, qui va critiquer ce qui vaut la peine
d'être repris du projet. Et on fait le tour jusqu'à
avoir trouvé la solution, on est parfois étonné
du résultat." Pas question néanmoins de se laisser
subjuguer par ses émotions et de se fier uniquement à
son intuition, mais plutôt de la laisser s'exprimer et de
la placer dans nos critères d'analyse.
Selon moi, le raisonnement cartésien peut, par contre, bloquer
l'intuition, ajoute Marie-Luce. Cat l'intuition fait appel à
notre cerveau droit qui est celui des émotions alors que
notre raisonnement requiert le cerveau gauche qui est celui du contrôle.
Il me semble donc intéressant de laisser venir son intuition
et ensuite, par la raison, voir comment on peut lui donner un côté
réaliste. Car je crois que si l'on ne fait appel qu'à
l'intuition, cela n'aboutira pas totalement. Mais n'oublions pas
que de grands chercheurs, créateurs ou mathématiciens
ont parfois dévcouvert des théories grâce notammement
à un moment d'intuition qui les a guidés vers la bonne
solution.
La bonne intuition
Evidemment, nul n'ignore que nos sens sont, par essence, faillibles.
Un certains nombre de personnes ne leur font tout simplement pas
confiance. Pourtant ils sont notre première interface avec
le monde qui nous entoure et le réceptacle privilégié
des informations que nous captons quotidiennement. "Personnellement,
si j'ai des intuitions dans le cadre de ma vie professionnelle,
je m'interdis de leur faire confiance et ensuite, lorsqu'elles s'avèrent
correctes, je le regrette", avoue Emile, 46 ans, cadre dans
une banque. Jacques, notre manager cité ci-dessus, avoue
également que son intuition n'est pas toupours infaillible
et qu'elle l'à parfois induit en erreur, mais il estime néanmoins
pouvoir lui faire confiance à 75%. "Je crois que seule
l'expérience peut dire, à long terme, si mes intuitions
sont bonnes ou non. A partir du moment ou j'ai une intuition et
que je pense pouvoir lui faire confiance puisque trois fois sur
quatre elle s'est avérée correcte, je peux prendre
ce risque face à des choix qui sont au départ sur
un même pied d'égalité. Et s'est vrai que la
chance de se tromper existe bien. Mais le risque est également
toujours là, même si j'effectue mon analyse autrement",
corrobore le psychothérapeute.
Et pour quoi faire ?
Que
l'on ait de l'intuition, qu'elle soit bonne ou mauvaise, quel rôle
joue-t-elle finalement dans le cadre de notre travail qui, par essence,
est souvent basé sur la rentabilité et l'efficacité?
D'après Alain Losier et Marie-Luce Dossche, de nombreuses
professions requièrent précisément une bonne
dose d'intuition. Hormis les personnes employées à
des tâches répétitives ou structurées,
les fonctions issues du monde commercial, du marketing, du management,
de la publicité, des ressources humaines ou basées
sur des relations d'aide, voire même le secteur de la recherche,
peuvent difficilement s'en passer. "Personnellement, je pense
faire appel à tout moment à mon intuition, même
sans en avoir pleinement conscience. Mais je sais dans le choix
de mes investissements et je m'y fie également beaucoup au
niveau marketing qui, certes, propose un panel d'outils, mais ou
une partie de mes décisions sont prises intuitivement. Je
pense qu'il s'agit d'un facteur qui, malgré soi, ne peut
être éliminé car, même si l'on fait appel
à son raisonnement, la première impression restera
toujours importante. Le mieux étant que l'on corrobore l'autre,
évidemment", confie Nathalie, 29 ans, responsable du
Fund Management dans une banque. "Je crois que l'intuition
est une ouverture à la créativité, qui est,
dans l'entreprise, un des moteurs de l'innovation. C'est aussi un
facteur qui permet à certaines personnes de prendre plus
rapidement des décisions et la décision la plus juste,
car notre perception du monde passe par nos 5 sens, donc plus on
va les développer, plus on va être à même
d'interpréter les faits. D'ailleur, 70% des problèmes
en entreprise proviennent de conflits de communication", ajoute
Alain Losier. De plus en plus de chefs ou de cadres d'entreprises
se montreraient ouvert au rôle que joue l'intuition dans notre
cadre de travail. " C'est vrai qu'au niveau commercial, c'est
important, confirme Jacques. En tant que client, il est, par exemple,
intéressant de pouvoir sentir si le vendeur essaye de vous
rouler. Personnellement, je le ressens presque physiquement, au
niveau du sternum.
Même chose lors de la négociation de contrat avec des
clients, il est crucial de pouvoir sentir
s'ils ont un réel intérêt pour le projet qui
leur est proposé. Il m'est arrivé de patienter et
de négocier durant un an avant de conclure un contrat que
j'étais convaincu de remporter. Ce fut le cas et cela a représenté
une hausse de 20% de mon chiffre d'affaire." Alors, y croire
ou pas, telle est la question!
Sandra
Evrard |